mardi 18 août 2009

Vendetta chez les Gouris




En fouillant son disque dure on fait parfois des découvertes. Ma dernière en date est de taille : 33 pages tout de même. Mmmmfff, j'entends soupirer d'ici 33 pages d'un pseudo-scribouilleur. "mouaih, et ça parle de quoi ton truc ?" Une nouvelle fantasy écrite dans l'univers du jeu de rôle (JDR) Night Prowler (de chez 2 D sans faces). "STOP ! Non mais sérieusement, une nouvelle de 33 pages sur un truc de rôleux et de la fantasy en plus comme si on en avait pas déjà plein le ...". Oui, oui et encore oui, mais pour ma défense le lecteur n'a besoin d'aucune base sur le JDR en question pour pouvoir lire cette nouvelle. Et puis c'est plein de dialogues ! Ca prend de la place les dialogues (pour ça les 33 pages). Laissez-vous tenter et si ça vous assomme dès les premières pages lâchez-vous sur les coms.
Téléchargeable ici.

Illustration tirée du livre de règles Night Prowler.

dimanche 9 août 2009

Les Songes du crepuscule AT 16 - Noir (4 oct 2009)




Le forum littéraire "Les Songes du crépuscule" lancent un nouvel appel à texte (AT 16) dont le thème est : Noir. Réveillez votre coté obscur et envoyez le lecteur dans les limbes de votre imagination. Les consignes sont ici.

mercredi 22 juillet 2009

Les particules élémentaires de Michel Houellebecq

Adulé, décrié, vilipendé : « les particules élémentaires » est un roman qui à sa sortie fit polémique. L’auteur ne prend en effet pas de pincette avec son lecteur, il dépeint la société à travers ses personnages avec cynisme et fatalisme. Violence morale, sexe omni présent décourageront vite les plus moralistes. Le récit va et vient : futur, passé, au vocabulaire tantôt cru, scientifique ou philosophique, ne facilite pas plus la lecture.

Et pourtant, si l’on fait abstraction de tout cela, ou plutôt si l’on adhère à l’alchimie des divers éléments, les questions soulevées notamment sur le rapport société/individu ne manquent pas d’intérêt. D’autre part, les deux personnages principaux, dont les réflexions semblent parfois aussi brillantes que leurs actes pathétiques, deviennent une sorte d’énigme à résoudre pour le lecteur jusqu'à la fin. Mais ce qui m’a réellement interpellé dans ce roman outre l’imagination, et le côté non consensuel, c’est qu’il s’agit au final de … science-fiction ! Certes, uniquement les toutes dernières pages et rien d’aussi original que du Jack Vance, mais bon cela fait toujours plaisir de voir surgir le genre imaginaire là où on ne l’attend pas.

vendredi 10 juillet 2009

Luxure

Merci Jéjé de m'avoir retrouvé ce vieux texte comme les vieux jeans on s'y sent bien.



Doucement engagé dans la danse
Où, nous, érige la censure
Déjà pulsant au rythme de ses hanches
S’abandonnant à la luxure

Enchaîné par le désir
Prisonnier d’un sourire
Soudain susurre suavement
De sa bouche l’envie de luxure

Vivre dans la déraison
Esclave de mes instincts
Ivre de toutes ces visions
Abandonné au déclin

Que triomphe les succubes,
Que triomphe les sirènes,
Qu’à travers nos faiblesses le sexe règne
Le fou prend la tour
Et bien loin s’éteint
Le souvenir de l’amour

samedi 4 juillet 2009

Le collectif Hydraë dévoile : Poésie cybernétique et robotique


Depuis quelques mois, je traine mes guêtres numériques sur un forum poétique. L’ambiance accueillante et le côté totalement dédié à la poésie m’ont vite conquis. Une infidélité aux Songes du Crépuscule dont je me vois aujourd’hui récompenser. En effet le collectif Hydraë a sorti récemment un nouveau numéro intitulé : Poésie cybernétique et robotique. Où je ne cache pas avoir le plaisir de m’être glissé. Vous pourrez télécharger ce numéro du codex poeticus au format pdf ou pps ici. Je peux déjà vous confier avoir été personnellement agréablement surpris par la diversité des poèmes, et la brillante présentation. J’espère que cette petite escapade futuriste vous plaira. Dernière chose n’oubliez pas de mettre le son.

vendredi 26 juin 2009

Perdido une BD signé Delestre et M'Buma



Une petite promo autant qu’une critique pour ce projet sympathique. Perdido donc, est une bd gratuite qui se laisse effeuillée sur le net ici. Pour les yeux donc mais aussi pour les oreilles avec la musique d’ambiance tres agréable de Nicolas Delestre, Benoit Encelle, Baptiste Sarat. Les premières planches sont jazzy, direction la nouvelle Orléans : Perdido street. Mais dès la troisième planche, on glisse vers le fantastique et par la suite l’enquête « policière ». Autant être honnête, sur le plan graphique, il m’a fallu un temps d’adaptation mais la semaine deux m’a finalement accrochée.

Au niveau de l’histoire, le lecteur suit les réflexions d’un flic en fin de carrière, usé et alcoolo. Cliché me direz-vous, ok, mais bon c’est bien comme ca qu’on les aime nos anti-héros. Les dialogues sont efficaces : « les filles…enchainaient les clients à un rythme …fast food…le mac Do du cul en quelque sorte », mais parfois un peu indigestes : « Je m’imagine très bien débouler et plomber tout ce qui bouge sauf lui, m’asseoir avec un bon scotch à la main et parler de l’enrayement du jouet ou non et sur le recul qui m’a fait m’y reprendre a deux fois pour sa fille… » Ouf ! C’est long.

Arrivé à la planche 20, je ne peux guère me prononcer plus avant sur le scénario. Je nourris quelques inquiétudes sur la capacité à rebondir de celui-ci, mais on m’a assuré que les auteurs en gardaient sous le pied. Donc je ne saurais trop vous recommander de vous faire votre propre avis et même de laisser vos com' aux interessés.


mise en bouche :


mercredi 17 juin 2009

Pied qui croyait prendre


L’Escarcelle, une taverne dénuée de charme, aurait dû faire l’affaire pour mon premier rendez-vous avec lui. J’avais entendu dire qu’il était respecté dans le milieu, ce qui en soi n’est pas gage de sécurité. D’ailleurs avec un nom pareil, on se demandait bien dans quels genres de magouilles pouvait tremper le larron. J’en avais entendu des surnoms stupides, mais celui-là, c’était le pompon : Chaussette. De quoi vous faire une belle jambe ! Si je puis dire.

Donc, j’attendais au comptoir, tripotant nerveusement les ficelles de mon col, une cervoise m’aurait bien occupée, mais l’aubergiste semblait coincé avec un vieux poivrot lui tenant la chique (avec le recul c’était du chiqué). Pour me distraire, j’ai gambergé sur cette histoire de surnom. Chausse-trappe, aurait pu dériver en chaussette, non, trop tarabiscoté. Dans le milieu certains utilisaient les chaussettes pour planquer la drogue ou comme fronde mais le gaillard n’était ni un revendeur de rêves, ni un bagarreur. J’allais abandonner quand une odeur fétide de vieille meule avancée m’imprégna les narines. Le bonhomme était là, me tendant une main douteuse dans laquelle il s’était probablement mouché. Ma foi, je pensais bien avoir élucidé son sobriquet.

— Chausset’ pour t’servir, lâcha-t-il en postillonnant copieusement. T’as la camelote gamin ?

Je désignais un paquet posée contre le mur, recouvert de frusques et bien ficelé.

— Ca m’a p’us l’air d’une port’ qu’un tableau ton colis. débita-t-il en m’assenant son haleine putride.

— C’est bien le but, rétorquais-je en évitant de respirer.

— Hé t’es un p‘tit futé toi, s’amusa-t-il en m’envoyant une claque derrière l’épaule. Va don’ nous dégoter une tabl’, j’nous trouve d’quoi se rincer le palais.

Le terme « rincer » convenait parfaitement à la cervoise digne d’une eau de lessive. Bien que désireux d’échapper aux effluves de mon vis-à-vis, je tentai de vérifier mon hypothèse sur le sobriquet du bonhomme.

— Ah, ça jeunot, ça remonte à loin. Du temps où j’donnais encore dans «la voltige ». Mont’ en l’air, com’ toi petit. J’avais pris le coup d’ toujours ôter mes guiboles avant un barbotage : plus discret. Mais ce jour-là, l’bourgeois que je venais délester était un vicelard. Vla t’y pas qui l’avait fricoté une plaque de glu juste devant son coffre fort. De nuit j’ai vu qu’du feu. J’sentais bin q’ca m’collait la patte, mais j’ai pensé qu’l’ménage laissait à désirer. Mais plus ça allait plus ça collait ! Et j’ai fini par comprendre. J’sais pas si c’était une glu de sorcier, mais bougre nom ! ça collait bien. Et pour m’carapater, j’ai dû laisser mes chaussettes.

— Ridicule comme piège, répondis-je. Si vous aviez eu des chaussures, vous filiez tout pareil.

— C’est là qu’tu trompes le môme. La combine c’tait pas de coincer le tire-laine, mais d’ garder ses bottes. Car figure-toi qu’dans c’te bourgade, y’a que sept cordonniers en tout et pour tout. Et y’sont tous à même de reconnaître leur boulot. T’penses bin qu’ l’ client revient régulièrement. Comprends ‘ty l’astuce ? Si t’as les galoches, t’as le bonhomme. Sauf que pour les chaussettes ! c’est une aut’ paire de manches, gloussa-t-il. Allez ! à une prochaine, lança-t-il en s’en allant le tableau sous le bras.

Quant à moi ma bourse ayant retrouvé un poids raisonnable, je me dirigeais vers l’aubergiste. Et commençait à lui conter l’histoire de Chaussette. Sur quoi, celui-ci parti d’un grand éclat de rire.

— Te fatigue pas, je la connais la ritournelle à Chaussette. T’aurais bien dû me demander avant gamin, maintenant c’est trop tard.

— Comment ça ? questionnai-je inquiet.

— Si on l’appelle Chaussette ce vieux briscard c’est parce qu’il n’a pas son pareil pour repérer les pieds tendres. Il te les réchauffe et les fait marcher. Allez, explique moi, c’était quoi votre marché ? minauda le tavernier en se penchant pour la confidence.

Loin d’être un habitué de l’Escarcelle, je rechignai à m’épandre sur mes affaires. Pourtant, j’étais ferré et je finis par parler du tableau volé et en donner une description, dont le nom du peintre. A la fin l’aubergiste s’exclama :

— T’aurais pu en tirer trois fois ça mon gars !


* * *


— Et voilà comment je me suis fait rouler par Chaussette.

— J’imagine que si t’es là à moisir avec moi, c’est que t’as essayé de retrouver la Chaussette et de lui arranger le portrait, supputa mon compagnon de cellule.

— J’en ai pas eu l’occasion. J’ai appris un peu trop tard qu’on surnommait l’aubergiste la Balance. Mais je me doute bien que Chaussette devait le savoir. Il doit être loin à l’heure qu’il est. Tu vois il avait bien tricoter son coup.

— T’as pourtant l’air de pas avoir le moral dans les chaussettes, railla mon collègue.

— Eh bien j’imagine la tête de ce vieux roublard quand il essayera de revendre le tableau. Et ça me console.

Devant l’air interrogateur de l’autre, je continuai :

— Mon surnom, moi, c’est l’Artiste.