samedi 4 juillet 2009

Le collectif Hydraë dévoile : Poésie cybernétique et robotique


Depuis quelques mois, je traine mes guêtres numériques sur un forum poétique. L’ambiance accueillante et le côté totalement dédié à la poésie m’ont vite conquis. Une infidélité aux Songes du Crépuscule dont je me vois aujourd’hui récompenser. En effet le collectif Hydraë a sorti récemment un nouveau numéro intitulé : Poésie cybernétique et robotique. Où je ne cache pas avoir le plaisir de m’être glissé. Vous pourrez télécharger ce numéro du codex poeticus au format pdf ou pps ici. Je peux déjà vous confier avoir été personnellement agréablement surpris par la diversité des poèmes, et la brillante présentation. J’espère que cette petite escapade futuriste vous plaira. Dernière chose n’oubliez pas de mettre le son.

vendredi 26 juin 2009

Perdido une BD signé Delestre et M'Buma



Une petite promo autant qu’une critique pour ce projet sympathique. Perdido donc, est une bd gratuite qui se laisse effeuillée sur le net ici. Pour les yeux donc mais aussi pour les oreilles avec la musique d’ambiance tres agréable de Nicolas Delestre, Benoit Encelle, Baptiste Sarat. Les premières planches sont jazzy, direction la nouvelle Orléans : Perdido street. Mais dès la troisième planche, on glisse vers le fantastique et par la suite l’enquête « policière ». Autant être honnête, sur le plan graphique, il m’a fallu un temps d’adaptation mais la semaine deux m’a finalement accrochée.

Au niveau de l’histoire, le lecteur suit les réflexions d’un flic en fin de carrière, usé et alcoolo. Cliché me direz-vous, ok, mais bon c’est bien comme ca qu’on les aime nos anti-héros. Les dialogues sont efficaces : « les filles…enchainaient les clients à un rythme …fast food…le mac Do du cul en quelque sorte », mais parfois un peu indigestes : « Je m’imagine très bien débouler et plomber tout ce qui bouge sauf lui, m’asseoir avec un bon scotch à la main et parler de l’enrayement du jouet ou non et sur le recul qui m’a fait m’y reprendre a deux fois pour sa fille… » Ouf ! C’est long.

Arrivé à la planche 20, je ne peux guère me prononcer plus avant sur le scénario. Je nourris quelques inquiétudes sur la capacité à rebondir de celui-ci, mais on m’a assuré que les auteurs en gardaient sous le pied. Donc je ne saurais trop vous recommander de vous faire votre propre avis et même de laisser vos com' aux interessés.


mise en bouche :


mercredi 17 juin 2009

Pied qui croyait prendre


L’Escarcelle, une taverne dénuée de charme, aurait dû faire l’affaire pour mon premier rendez-vous avec lui. J’avais entendu dire qu’il était respecté dans le milieu, ce qui en soi n’est pas gage de sécurité. D’ailleurs avec un nom pareil, on se demandait bien dans quels genres de magouilles pouvait tremper le larron. J’en avais entendu des surnoms stupides, mais celui-là, c’était le pompon : Chaussette. De quoi vous faire une belle jambe ! Si je puis dire.

Donc, j’attendais au comptoir, tripotant nerveusement les ficelles de mon col, une cervoise m’aurait bien occupée, mais l’aubergiste semblait coincé avec un vieux poivrot lui tenant la chique (avec le recul c’était du chiqué). Pour me distraire, j’ai gambergé sur cette histoire de surnom. Chausse-trappe, aurait pu dériver en chaussette, non, trop tarabiscoté. Dans le milieu certains utilisaient les chaussettes pour planquer la drogue ou comme fronde mais le gaillard n’était ni un revendeur de rêves, ni un bagarreur. J’allais abandonner quand une odeur fétide de vieille meule avancée m’imprégna les narines. Le bonhomme était là, me tendant une main douteuse dans laquelle il s’était probablement mouché. Ma foi, je pensais bien avoir élucidé son sobriquet.

— Chausset’ pour t’servir, lâcha-t-il en postillonnant copieusement. T’as la camelote gamin ?

Je désignais un paquet posée contre le mur, recouvert de frusques et bien ficelé.

— Ca m’a p’us l’air d’une port’ qu’un tableau ton colis. débita-t-il en m’assenant son haleine putride.

— C’est bien le but, rétorquais-je en évitant de respirer.

— Hé t’es un p‘tit futé toi, s’amusa-t-il en m’envoyant une claque derrière l’épaule. Va don’ nous dégoter une tabl’, j’nous trouve d’quoi se rincer le palais.

Le terme « rincer » convenait parfaitement à la cervoise digne d’une eau de lessive. Bien que désireux d’échapper aux effluves de mon vis-à-vis, je tentai de vérifier mon hypothèse sur le sobriquet du bonhomme.

— Ah, ça jeunot, ça remonte à loin. Du temps où j’donnais encore dans «la voltige ». Mont’ en l’air, com’ toi petit. J’avais pris le coup d’ toujours ôter mes guiboles avant un barbotage : plus discret. Mais ce jour-là, l’bourgeois que je venais délester était un vicelard. Vla t’y pas qui l’avait fricoté une plaque de glu juste devant son coffre fort. De nuit j’ai vu qu’du feu. J’sentais bin q’ca m’collait la patte, mais j’ai pensé qu’l’ménage laissait à désirer. Mais plus ça allait plus ça collait ! Et j’ai fini par comprendre. J’sais pas si c’était une glu de sorcier, mais bougre nom ! ça collait bien. Et pour m’carapater, j’ai dû laisser mes chaussettes.

— Ridicule comme piège, répondis-je. Si vous aviez eu des chaussures, vous filiez tout pareil.

— C’est là qu’tu trompes le môme. La combine c’tait pas de coincer le tire-laine, mais d’ garder ses bottes. Car figure-toi qu’dans c’te bourgade, y’a que sept cordonniers en tout et pour tout. Et y’sont tous à même de reconnaître leur boulot. T’penses bin qu’ l’ client revient régulièrement. Comprends ‘ty l’astuce ? Si t’as les galoches, t’as le bonhomme. Sauf que pour les chaussettes ! c’est une aut’ paire de manches, gloussa-t-il. Allez ! à une prochaine, lança-t-il en s’en allant le tableau sous le bras.

Quant à moi ma bourse ayant retrouvé un poids raisonnable, je me dirigeais vers l’aubergiste. Et commençait à lui conter l’histoire de Chaussette. Sur quoi, celui-ci parti d’un grand éclat de rire.

— Te fatigue pas, je la connais la ritournelle à Chaussette. T’aurais bien dû me demander avant gamin, maintenant c’est trop tard.

— Comment ça ? questionnai-je inquiet.

— Si on l’appelle Chaussette ce vieux briscard c’est parce qu’il n’a pas son pareil pour repérer les pieds tendres. Il te les réchauffe et les fait marcher. Allez, explique moi, c’était quoi votre marché ? minauda le tavernier en se penchant pour la confidence.

Loin d’être un habitué de l’Escarcelle, je rechignai à m’épandre sur mes affaires. Pourtant, j’étais ferré et je finis par parler du tableau volé et en donner une description, dont le nom du peintre. A la fin l’aubergiste s’exclama :

— T’aurais pu en tirer trois fois ça mon gars !


* * *


— Et voilà comment je me suis fait rouler par Chaussette.

— J’imagine que si t’es là à moisir avec moi, c’est que t’as essayé de retrouver la Chaussette et de lui arranger le portrait, supputa mon compagnon de cellule.

— J’en ai pas eu l’occasion. J’ai appris un peu trop tard qu’on surnommait l’aubergiste la Balance. Mais je me doute bien que Chaussette devait le savoir. Il doit être loin à l’heure qu’il est. Tu vois il avait bien tricoter son coup.

— T’as pourtant l’air de pas avoir le moral dans les chaussettes, railla mon collègue.

— Eh bien j’imagine la tête de ce vieux roublard quand il essayera de revendre le tableau. Et ça me console.

Devant l’air interrogateur de l’autre, je continuai :

— Mon surnom, moi, c’est l’Artiste.

samedi 6 juin 2009

AT15 - Humour !



Le forum "Les Songes du crépuscule" dévoile la 15ème AT sous le signe de l'humour.
J'ai gribouillé une petite BD pour l'occasion. Mes talents graphiques étant ce qu'ils sont (comprenez pauvres), il s'agissait juste d'une mise en condition. Voici :


Pour participer c'est ici .
Tous à vos plume et révelez le Pratchett, le Brown, le Wright qui sommeil en vous !
;)

dimanche 31 mai 2009

Webzine numero 3 pour les Songes!

Un peu de retard sur l’info. Mais, est-il jamais trop tard pour faire de la pub à un Zine qui le mérite bien.


Au programme :

- Step by step : un article de Moon
- Au loin : un poème d’Azarian
- Reflet : une nouvelle de Sylvain Richard
- A propos de Reflet : un article de Sylvain Richard
- La guérison : un poème de Jayani
- Destins parallèles : une nouvelle de Jormugaund
- D’une réflexion sur les apparences trompeuses : un article de Jayani
- Mutisme et surdité : un poème de Kolaru
- Apocalypse : un article de Jayani
- Killing season : une nouvelle de Napalm Dave
- Le PANPP, EPPM : un article de Don Lo
- Briser : Un poème d’Azarian
- Le chant des Erinyes : une nouvelle de Hors Zone
- Le chasseur : un article de Aytan
- Déclaration : un poème de Jayani


Bonne lecture !



mercredi 20 mai 2009

Dessine-moi un Y*


Ta peau pale et satinée se reflète sur le fil du rasoir
Ta bouche ouverte figée dans un cri de désespoir
La lame s’enfonce et tranche les chairs
Et coule ton sang noir sur ta peau claire

La pièce froide comme la mort
Ne sera pas d’un grand confort
Tandis que toi paralysée
Je violente ton intimité

Sous tes yeux ronds éberlués
J’ai pris le temps de besogné
Tressautements et gargouillis
N’ont eut raison mon appétit

Nue sur ma table, tu vas parler
Et révéler tous tes secrets
Car tout cadavre que tu es
Ni le premier, ni le dernier
Qu’on m’ait donné à disséquer



* : l'incision en Y : celle-ci consiste en une incision
qui comme son nom l'indique, part de deux branches espacées sur le
torse pour finir en une seule à l'approche du pubis.

lundi 4 mai 2009

Chagrin d’école de Daniel Pennac


J’essaye de m’imaginer devant l’auteur à une séance d’autographe. J’arriverais probablement sans un mot en tête et lâcherais une platitude : « J’ai beaucoup aimé votre roman ». Je décrocherais peut-être un sourire, il prendrait l’initiative de la conversation avec deux, trois questions. Je repartirais avec une signature ornée d’un des petits dessins qu’il affectionne, avec le sentiment d’avoir manqué l’occasion de dévoiler toute mon admiration.

Et pourtant, je n’avais jamais lu Pennac avant. Je n’ai même pas acheté « Chagrin d’école », chipé sur la table de chevet de celle qui partage ma vie. Le dos de la couverture a attiré mon œil : « Tiens un bulletin de notes », « des notes désastreuses qui plus est ». Quel humour, quelle humilité !

Alors cet auteur brillant ce serait, tout comme moi, un ancien « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? ». Et oui, et à la lecture même pire que moi, un vrai cancre ! Quel espoir !

Je me laisse emporter par l’analyse de l’auteur de notre système éducatif, de nos médias, de notre société. L’argumentation résonne avec la justesse de la sagesse. Enfin ! Enfin de l’optimisme, du réalisme sans baisser les bras. Ce sentiment de bienveillance : « son Oncle Jule » nous dit Pennac. On sort du très actuel « travailler plus pour gagner plus » (consommer plus) pour entrer dans le « tout le monde peut et doit avoir accès à la culture » (le futur, l’espoir d’une nation). De la dimension matérielle vers la "spirituelle", intellectuelle c'est selon.

Vous l’aurez compris j’ai été conquis par cet auteur et sa double personnalité cancre et professeur. On partage les inquiétudes du cancre, on apprécie les solutions du professeur ou plutôt des professeurs ceux qui ont participé à faire de l’auteur ce qu’il est, et ceux qu’il a croisés dans sa carrière poussant son admiration.

Il a même presque convaincu mon cancre d’aller vaincre ma vieille ennemie Orthographe, qui mène pour l’instant bien plus d’une vingtaine d’années à zéro.